drapeau mex

Carnot à l’heure mexicaine

1900 – 1940

ubaye

 

Avant-propos

Remerciements

Première partie

Deuxième partie

Troisième partie

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Quatrième partie

Cinquième Partie

Sixième Partie

Postface

Table des matières

Plan – Villes de Cannes et du Cannet

Troisième partie

L’épopée des Bas-Alpins

Vallée de l’Ubaye - Mexique

Chapitre 3

Petites et grandes fortunes

 

Pour qui était parti au loin sans un sou vaillant en poche, revenir au pays avec ne serait-ce qu’un petit sac de pièces d’or, c’était bien la fortune que l’on rapportait chez soi. Mais la vraie grande fortune ne sera réservée qu’à une infime élite de Barcelonnettes. Fortune   dûment méritée, car acquise à la seule force du poignet, grâce à une volonté de fer et à un sens aigu des affaires, et surtout grâce à une intuition politique remarquable dans ce Mexique où guerres et révolutions secouent, sans cesse, depuis des siècles, ce malheureux pays.

Le président Porfirio Diaz (1830-1915)  - Général dictateur du Mexique

L’arrivée au pouvoir du général dictateur Porfirio Diaz, porté à la présidence du Mexique en 1876, va assurer la stabilité politique du pays, pendant une trentaine d’années. Elle va surtout être le point de départ d’un développement économique, voulu et conçu par le nouvel homme fort. Dès son accession au pouvoir, le premier acte du président Diaz sera de proclamer le respect absolu des étrangers, les seuls à même de financer l’essor du pays et sa modernisation. Ce sera l’âge d’or des Barcelonnettes qui pourront compter sur l’œil bienveillant du président qui les aura désignés comme interlocuteurs préférentiels du gouvernement mexicain.


Mexico – Le Palais de Fer ou El Palacio de Hierro


Les Barcelonnettes acquièrent le monopole du commerce de la lingerie, de la draperie et des nouveautés. En 1890, on dénombre 110 maisons de commerce, de toutes dimensions, dont ces célébrissimes Grands Magasins qui affichent aux yeux du monde, la réussite de ce groupe d’hommes honorables, travailleurs habiles et infatigables.  Ces établissements seront aux mains des clans opiniâtres des familles Tron, Ollivier, Proal, Audiffred et autres  Reynaud. Des bâtiments somptueux, fidèlement copiés sur les modèles parisiens du Bon Marché ou de la Samaritaine. Pour leur édification, rien n’est trop beau. On a recours aux meilleurs architectes et maîtres verriers. Certains porteront le nom de ports, Liverpool, Veracruz ; d’autres, le nom de villes renommées, Mexico, Londres, Paris. En 1888, c’est l’apparition du Palacio de Hierro, le Palais de Fer, qui sera la consécration, à lui seul, de la conduite magistrale des affaires des Barcelonnettes. Premier immeuble fait de fer et d’acier dont la renommée éclipsera, pour un temps, tout ce qui avait pu être admiré à Paris, New-York, Londres et Chicago.

 


El Palacio de Hierro – Mexico


 


Verrière zénithale de Gruber – El Centro Mercantil – Mexico

 


El Centro Mercantil – Ascenseur intérieur

L’empire barcelonnette va aussi de pair avec les fabriques textiles implantées un peu partout dans le pays ; la plupart d’entre elles dans la vallée du Rio Blanco. Filatures, tissanderies, impression de tissus donnant du travail à des milliers de Mexicains. Mais voilà, la réalité sociale est des plus sombres, avec des semaines de 72 à 80 heures de travail, des salaires de misère régulièrement amputés d’amendes, un contrôle absolu des ouvriers ; lesquels ont l’interdiction formelle d’appartenir à des organisations ou de défendre leurs droits sous peine d’emprisonnement.

 


Mexique – Fabriques textiles barcelonnettes

 

En 1906, c’est la première grève qui sera suivie d’une répression sans pitié. Des morts, des blessés. Ce sera le début des insurrections et du vaste mouvement d’indignation populaire qui entraînera la chute du dictateur Porfirio Diaz qui n’aura pas d’autre solution que d’abdiquer en 1910 et prendre le chemin de l’exil à Paris où il décèdera en 1915.

 


Mexique – Fabrique de Rio Bianco


1913 – Vives inquiétudes à Cannes sur ce qui se passe au Mexique ! C’est là-bas, l’insurrection, la révolution, la guerre civile. On tue, on pille, on incendie. L’épargne française a placé des milliards au Mexique. L’aventure nous intéresse donc au plus haut point. Elle intéresse même particulièrement la place de Cannes et le groupe financier des Bas-Alpins installé dans notre ville, qui suit attentivement l’évolution de la situation dans ce pays. Même s’il reste confiant, ce groupe considère que c’est bien l’hallali mexicain qui a sonné après une chasse ardente de plus de soixante années. Il faut savoir accepter avec pragmatisme, la réalité, même si la tristesse demeure profonde.


Famille mexicaine


Barcelonnette – La Villa Bleue – Vitrail du Grand Hall par Jacques Gruber, maître verrier – 1929

Ce vitrail, vaste fresque figurative, est une écriture géométrique évoquant et célébrant la réussite industrielle des entrepreneurs barcelonnettes au Mexique, dans l’industrie textile et le négoce. Grands Magasins, cheminées d’usine, fabriques.

Précédent Suivant
- Association Renaissance Carnot - 
Loi 1901 - Déclaration n° 0061018753 sous-préfecture de Grasse
© RENAISSANCE CARNOT 2013