drapeau mex

Carnot à l’heure mexicaine

1900 – 1940

ubaye

 

Avant-propos

Remerciements

Première partie

Deuxième partie

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Troisième partie

Quatrième partie

Cinquième Partie

Sixième Partie

Postface

Table des matières

Plan – Villes de Cannes et du Cannet

Deuxième partie

Bienvenue au quartier Saint-Nicolas - Année 1908

 

Chapitre 8

Quartier Saint-Nicolas – Le nouvel Eden de Cannes


Villa Gyptis – Rue du Onze-Novembre – Détail 

 

Beaucoup d’hôtels, de villas, de maisons ont été édifiés sur le littoral depuis une cinquantaine d’années ; mais, par suite d’une bizarrerie inconcevable, beaucoup de ces immeubles s’adressant à des gens venant ici chercher le soleil, sont orientés de telle sorte que les rayons solaires n’y pénètrent point pendant l’hiver. C’est là, on peut le dire, dans une région comme la nôtre, une hérésie et les mêmes errements sont suivis un peu partout sans qu’on ne s’en émeuve autrement. On a tort, on le sait, mais on continue. Il nous semble qu’une réaction devrait s’opérer en faveur de la bonne orientation des maisons.


Les Grappes d’or – 17, rue du Onze-Novembre

Hérésie, errements, soleil à profusion, bonne orientation. Point n’a été besoin d’en expliquer longtemps les avantages à MM. Proal et Reynaud et à leur architecte Louis Cauvin pour qu’ils réussissent à merveille leur nouveau quartier Saint-Nicolas. Les somptueuses et riantes façades auront toutes, regard sur le midi. Et quand, le soir venu, le dernier rayon de soleil d’hiver s’apprêtera à disparaître dans la nuit qui attend pour prendre place à son tour, il lèchera gourmandement, un dernier instant encore, les guirlandes de fruits et de fleurs qui s’étirent en lianes jusqu’aux faîtages des toits cossus des demeures incomparables.

 


L’Armitelle – 13, rue du Onze-Novembre


Le Littoral, le 25 septembre 1908 – Un quartier transformé
Nous voulons parler du quartier Saint-Nicolas qui, dans le courant de l’été dernier, a été complètement transformé. Des rues avec trottoirs y ont été tracées. Les chaussées de ces rues, cylindrées avec le rouleau à vapeur, sont en parfait état. On y a adjoint le tout-à-l’égout, gaz, électricité, etc. … Nous ne doutons pas qu’avant peu, ce quartier qui consistait jusqu’ici, en terrains presque en friches, ne soit l’un des plus beaux et des plus sains de notre ville. De nombreuses constructions y sont encore en projet, pour le printemps prochain.

 


Maison Gazan – 5, rue André Chaude

Pari réussi pour MM. Proal et Reynaud quand on pense qu’il y a quinze ans à peine, ce charmant plateau n’offrait au regard des habitants de la ville que la pittoresque chapelle Saint-Nicolas bâtie au sommet d’un gracieux monticule, et à laquelle on se rendait en pèlerinage à l’époque de la fête de son saint patron. Aujourd’hui, le voilà devenu un des plus beaux fleurons de la couronne de Cannes. Et même, nous n’hésiterons pas à dire qu’il est le nouvel Eden de notre ville grâce à nos généreux bienfaiteurs.


La Graciosa – 11, rue Jean Goujon


Kèckcéckça !
Généreux bienfaiteurs ! Ce n’est pas l’avis de tout le monde. Quelques critiques fusent, voire des propos guère amènes. Dans ce genre d’affaires, comment peut-on parler de générosité quand il s’agit tout bonnement d’une vaste opération immobilière, axée sur un pur profit. Quand on sait, qui plus est, que ces supposés bienfaiteurs ont osé proposer à la Ville de Cannes, ce que nous appellerons un marché de dupes. De bonne mémoire, le chemin du Cannet lors de son élargissement a coûté fort cher à la Ville. Et pour le bénéfice de qui, s’il vous plaît ? Et aujourd’hui, devoir durant dix ans, rembourser à ces bienfaiteurs autant d’argent, alors même que les travaux n’étaient destinés qu’à valoriser leurs terrains et à leur faire empocher des plus-values substantielles, alors oui, c’est un marché de dupes. Mais il y a pire !

L’excellent journal, Les Echos de Cannes, dans son édition du 25 avril 1910, nous apprend que M. André Capron, propriétaire, chevalier de la Légion d’Honneur et subsidiairement maire de la bonne ville de Cannes, vient d’acquérir de M. Casimir Reynaud, agissant au nom et comme administrateur de la Société Proal & Reynaud, quatre bandes de terrain au quartier Saint-Nicolas, se trouvant, par le plus grand des hasards probablement, en bordure du chemin du Cannet. Ce même jour, nous apprenons aussi que notre maire a acquis, plus au nord, une autre bande de terrain à proximité de l’avenue des Anglais. Il faut croire que ce quartier, le bien connu 2ème arrondissement, a réussi à avoir quelque charme.
Mais ne nous gâchons pas le plaisir et fermons vite la parenthèse ! Jugera qui voudra !

 


André Capron (1854-1930)

 

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